Envoyez vos textes sur cent-nouvelles-de-toi@hotmail.fr

et nous les publions dans l’heure qui suit.

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Les douze consignes qui vont se succéder sont comme des fenêtres, des espaces temps qui vont ouvrir vers des possibles narratifs.

 

« Atténuation au possible des murs,

 Au fond de chaque pièce

De toute habitation

Se doit au moins une fenêtre. »

 Francis Ponge – La Fenêtre.

 

7h31 – 8h45

1ère proposition (Corine Robet, Didier Girard, André Bellatorre)

 

 Est-ce un trompe-l’œil ou un vrai rideau ?

On serait au début d’une représentation ; mais ça pourrait aussi être la fin.

Mais est-on au théâtre ?

Qu’est-ce qu’on y jouerait  alors ? Le Mariage de Cyrano, Figaro de Berjerac, Roméo et Juliette, Six personnages en quête d’Hopper ?

Il pourrait y avoir, derrière ce rideau, un autre décor, avec des fenêtres bien sûr. 

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8h45 – 9h45

2ème  proposition (Claude Brun-Séverine Lesage)

 

un rideau comme une protection rapprochée, une fenêtre maquillée.

Entre les lignes, un espace vide.

Il ne tient qu’à vous de vous en saisir : figer un temps ou le laisser filer, bruyant ou silencieux.

 

« On verrait de nos yeux que l’ombre contient de la lumière » Claude Régy L’Etat d’incertitude.

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9h45 – 10h45

3ème proposition (Marie Laugier)

 

 

 

Goûter les fruits de l’été avant qu’ils ne deviennent blets, goûter la sérénité du paysage avant que l’orage n’éclate. Et si tout ce qui nous entoure n’était qu’illusion, image fugitive d’un monde duquel nous sommes appelés à disparaître : tous les mots qui nous ont forgé, tous nos savoirs, toutes nos résistances. Et nos amours. Ecrivez  au conditionnel  en entretenant l’illusion tout au long du texte.

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10h45 – 11h45

4ème  proposition (Simone Molina)

 

 

Que faire, que dire face à la violence de l’image, sinon retourner à la lettre et au texte ?

 

Avec les mots « expatrier, sueur, coupant, courir, creux, orage, effondrement »

et les mots « fenêtre, fruit, fugitif, soleil, lumière, silence, monde, espace ».

 

Ecrivez soit un texte narratif à la seconde personne du singulier, soit un poème qui contiennent au moins trois des mots de chaque série.

En l’écrivant, vous aurez à l’esprit de vous adresser à l’un des trois personnages de la photo.

 

Pour vous aider et ouvrir le champ, deux phrases d’auteurs :

         Pascal Quignard (romancier et essayiste) « une souffrance en criant vengeance n’appellle rien d’autre qu’un récit. »

         Jean-Louis Giovannoni (poète) « peut-être que nos mots sont la seule terre où on peut s’établir ».

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11h45 – 12h45

5ème  proposition (Stéphanie Lemonnier)

 

autour de chaque fenêtre

se dressent au moins trois murs

 

« Si on est aux aguets, on entend ce qui nous trouble et nous dérange, dans ces mots accouplés : « Seuls ensemble ». Une concentration contradictoire. » 

Claude Régy.

 

Un personnage habite l’espace de la photo, il écrit l’histoire de cet instant, à la première personne et au présent de l’indicatif. Comme pour la consigne précédente, vous pourrez, si cela vous conduit, puiser dans les mots entendus à Manosque à la lecture des textes produits (17 personnes à 11h16 sont en train d’écrire à la fondation Carzou) : « Vibrionnant, bucolique, orage, aspiration, panier, corbeille, violence, perméabilité, but, mirage. »

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12h45 – 13h45

6ème  proposition (Patricia Geffroy)

 

 

 

« J’aspire à une parole bordée d’un large périmètre de silence. »

Camillo Sbarbaro (poète italien).

 

A partir de l’image qui nous a été proposée, je vous propose de peupler le paysage absent de fragments poétiques, l’oiseau pour maître des lieux et narrateur éphémère.

 

« Presque à chaque instant nous allons vers la parole la plus simple, vers un champ. Seule l’âne peut y entrer, y trouver de l’herbe. »

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13h45 – 14h45

7ème  proposition (Renée Doumergue)

 

 

 

La  lumière matinale absorbe les rêves de la nuit. Une femme les regarde s’envoler par la fenêtre ouverte.

Entre ombre et lumière, un instant reste suspendu.

Des mots flottent entre éveil et sommeil. Elle en saisit au vol deux ou trois et flotte avec eux.

 

Le texte doit jouer sur le vague, les assonances, l’onirique, la poésie.

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14h45 – 15h45

8ème  proposition (Michel Fadat)

 

 

 

Glose initiale : Moi, ce matin, j’étais un peu enrhumé, et vous ?

 

Consigne d’écriture : « Tu ne trouves pas qu’il fait un peu frais ce matin ? Qui a parlé ? Elle ou lui ? Plutôt elle non ? Mais ce n’est pas certain…

 

On pourra insérer du dialogue bien sûr, mais tout autre forme d’écriture selon votre manière et votre sentiment. Et moi je vais écrire avec vous aussi.

 

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15h45 – 16h45

9ème  proposition (Nicole Voltz)

 

 

Des échelles, des passerelles qui ne débouchent sur rien, des objets inidentifiables ou bien aux contours flous…

Parfois dans nos rêves, nous évoluons dans un  lieu, une de ces maisons à la manière d’Escher qui ont tous les caractères d’une maison chère à notre souvenir, une maison, un lieu, un décor qui offre ce caractère d’inquiétante étrangeté des lieux connus mais où se glissent quelques décalages, insidieux dérangements, jetant un regard  nouveau sur l’événement en train de se dérouler là.

 

Vous avez un souvenir vif d’un de ces rêves, dans un de ces lieux. Racontez-le.

OU BIEN

Vous écrivez un récit en étapes depuis ce matin et c’est l’occasion de poursuivre votre récit en y introduisant un de ces subtils décalages qui fassent basculer l’histoire dans le rêve.

Vous vous amuserez en outre  jouer sur l’échelle des temps verbaux en passant du présent au passé puis au futur ou même au conditionnel dans une apparente anarchie faisant communiquer entre eux réel et fiction, rêve et réalité.

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16h45 – 17h45

10ème  proposition (Noëlle Mathis- Jean Jacques Maredi)

 

 

 

Après un long voyage dans les méandres de la fiction et du réel, des certitudes et des doutes, vous arrivez dans un endroit (celui de la photo) où vous vous recueillez avant un nouveau départ possible.

Ce lieu, vestibule de l’ailleurs, sera matière à la toute dernière lettre, écrite principalement au passé et au présent, que vous adresserez à la personne de votre choix, sans forcément vous exclure vous-même. Cette lettre dévoilera ce qu’il vous faut dire ou partager pour vous délester ou faire peau neuve avant un autre commencement.

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17h45 – 18h45

11ème  proposition (Corine Robet)

 

 

         J’ai peur de me mettre à nu. J’ai peur d’être regardée nue. J’ai peur et je désire à la fois cette nudité. Je suis le modèle.

         Je la regarde et je capture l’instant. Mon œil la traque, je suis voyeur de sa beauté. Je suis le photographe.

         Je regarde le cliché. A travers l’œil du photographe, je vois la peur de la femme regardant sa nudité. Je suis l’amateur d’art.

 

Nudité, peur et désir.

Nudité, voyeur et créateur.

Nudité, spectateur et co-créateur.

 

Et vous ? où êtes-vous ? Où vous placez-vous dans cette chaîne de regards ?

 

Vous pourrez, notamment si vous arrivez dans le marathon d’écriture, raconter l’histoire de cette photo, en vous plaçant du point de vue qui vous intéresse, celui du modèle, du photographe, ou du spectateur.

Si vous écrivez depuis ce matin, cette consigne peut vous entraîner du côté de la réécriture. Comme le photographe qui fixe le temps, comment allez-vous fixer tous les textes écrits ? Dans quel ordre allez-vous les disposer ? Ecrivez les liens nécessaires entre eux.

 

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18h45 – 19h57

12ème  proposition (Didier Girard)

 

 

Arrivé aux confins de la marge blanche, on n’attend plus rien ni personne.

On reste pourtant debout, regardant les mots passer.

On en hèle un…

– Je vous dépose où ?

– Suivez le texte là, celui qui vient de vous dépasser…

C’est tout à fait çà, prenez le texte qui vous a dépassé.

Reprenez le et écoutez :

Est-ce un trompe-l’œil…

Un rideau, une protection rapprochée…

Goûtez ces fruits de l’été avant que…

Que faire, que dire ?

Un personnage habite l’espace,

aspire à une parole bordée,

La  lumière et moi, ce matin, nous étions un peu enrhumé,

malgré des échelles, des passerelles qui ne débouchent sur rien,

après un long voyage dans les méandres de la friction,

j‘ai peur de me mettre à nu…

Alors reprenons donc…

Vous êtes ce personnage.

Vous remontez dans un des textes qui vous a dépassé, n’importe lequel, le votre ou celui du voisin, le premier qui passe à votre portée, vous roulez jusqu’à la page…

Et là, un bain, un bon bain dans l’eau de là, à la rencontre des six reines…

Le voyage va être long et parfois périlleux et pour ne rien oublier, vous notez tout dans votre carnet de bord si jamais il vous arrivait quelque chose.

Cela pourrait commencer par :

« Sans nouvelle de moi sachez que…

 

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